Le mot du prêtre: ce temps de confinement ou le repli soliDaire.

Le mot du prêtre: ce temps de confinement ou le repli soliDaire.

CINQUIEME DIMANCHE DE PÂQUES – 9-10 mai 2020

N’ayons pas peur des mots… après 7 semaines… oui assumons même si cela bouscule nos valeurs, notre mode de penser: confinement rime avec isolement, ou encore dans nos esprits évoque le repli sur soi. On a pu entendre parler d’état de guerre. Pourtant l’ennemi ici est invisible, et même incontrôlable. Mais qui est l’ennemi: est-ce le covid19 et seulement lui? L’ennemi n’est – il pas en nous – mêmes? Notre arrogance face à la vie qui nous est confiée, nous et ce degré de confort si haut que nous y sommes habitués!!!

Regardons un pays, comme la France voisine, où depuis quelques années, le terrorisme apprend à ériger le quotidien en acte de résistance, la continuité ou la persévérance en courage. Il apparait de plus en plus que face à l’adversité: il ne faut pas céder, il faut faire face à ce qui menace. Les médias contribuent largement à nous inculquer que c’est l’ouverture d’esprit qu’il faut pratiquer tous azimuts. Le vent souffle dans ce sens et forme les esprits qui voient dès lors ce confinement comme un renoncement. Voilà un paradoxe avec lequel nous devons vivre, réinventer notre façon de vivre, accepter de découvrir, d’apprendre encore que: se recentrer sur la famille n’est pas ici égoïste, mais la façon de prendre soin des autres.

Nous pouvons ressentir la peur de l’autre… mais l’heure n’est pas à la peur d’un mal extérieur qui pourrait nous toucher, mais au devoir de préserver les plus fragiles d’entre nous. Ainsi cette épreuve nous remet en pleine figure une vérité que nous évitons souvent parce que nous regardons trop notre propre nombril : nous formons une société, une communauté où chacun vit par et pour les autres. C’est sans doute pour cela que les médecins et les responsables des états nous appellent à nous comporter comme si nous étions tous contaminés, afin que nos attitudes soient orientées vers la sauvegarde de ceux qui nous entourent.

Pour nous, Chrétiens, cet isolement est particulièrement douloureux, surtout si l’on a des engagements bénévoles au nom de la foi, dans notre paroisse comme dans divers secteurs de notre société. Douloureuse également la privation de la célébration comme de la prière communautaire dans l’église paroissiale, lieu de rencontre du prochain sans se choisir. Mais nous devons savoir que la Communion n’est pas uniquement relationnelle car elle est avant tout spirituelle et reste tout à fait vivante même lorsque les liens semblent se distendre. Comme je le disais au début: n’ayons pas peur des mots. Cette épreuve de confinement peut, si nous le voulons bien, faire jaillir des trésors de créativité, de solidarité, de charité. Les nombreux exemples apparus depuis quelques semaines le montrent. Oui c’est la responsabilité de chacun : que vais-je répondre à cette interrogation vieille comme la Genèse: «suis-je le gardien de mon frère?»

Thierry Fouet

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