Le mot du prêtre: nous sommes tous concernés…

Le mot du prêtre: nous sommes tous concernés…

QUATRIEME DIMANCHE DE PÂQUES – 2-3 mai 2020

Avant mi-mars dernier, nous avions tendance à confier notre santé à des professionnels en nous disant que cela ne nous concernait pas… tant que nous n’étions pas malades. Le Covid-19 déplace les choses… en rendant floue la frontière entre bien-portants et malades. De ce fait nous sommes tous concernés. Nos comportements individuels (largement conditionnés par les médias) se traduisent en termes de surcharge ou en soulagement du système de santé. Nous devrons nous en souvenir pour la suite, nous avons notre responsabilité collective face à la maladie et au système des soins.

Autre chose: de nombreux reportages nous évoquent l’intelligence artificielle… certains sont terriblement angoissants… Perte de notre humanité, capacité d’une machine qui devient maitre de tout!!! certains pensent que des machines «intelligentes» vont résoudre tous nos problèmes, et nous organisons nos hôpitaux dans ce sens en restant sourds aux gens du terrain. Et que constatons- nous? Qu’un respirateur est inutile si l’on ne dispose pas de la personne formée afin de le faire fonctionner. Tiens donc!!! Les machines ne sont pas toutes puissantes. Il faut bien garder cela en mémoire.

Et la foi dans tout cela? là encore des grands déplacements : plus de messes, de cultes, plus de rencontres ou réunions… arrêt net des activités pastorales… nous sommes comme sortis de nos lieux de culte, où la liturgie allait de soi, peut-être trop bien…! que reste-t-il? LA FOI précisément. Certes il est bon de se rencontrer, de célébrer en Communauté, les sacrements, les liturgies, mais depuis le bouleversement de ces dernières semaines, l’occasion est de nous demander, si importants que soient les éléments évoqués plus haut, quelle est la foi qui se trouve au plus profond de tout cela, à la racine? Si des personnes inquiètes, pour ne pas dire plus, se présentent à nous ces temps-ci: qu’avons-nous à leur proposer? Puissions-nous répondre: «une foi simple, nue et parfois fragile à partager avec eux».

Après ces évènements, de grâce ne réinvestissons pas nos lieux de vie et de célébration de la foi en oubliant ou en fermant les yeux sur la nouvelle lucidité qui se sera révélée à nous. Puissions-nous agir nous aussi, à l’exemple des personnes qui ont vécu une expérience de mort imminente et qui affirment unanimement que les priorités qui guidaient leur vie ont changé fondamentalement.

On nous parle de vaccin pour contrer le virus, mais comme le dit Don Mauro, ancien abbé de l’abbaye d’Hauterive (Fribourg), on peut espérer que le virus nous aura «vaccinés contre la lèpre du superflu, la vanité superficielle qui n’écoute pas, ne prête pas attention à l’autre, ne cherche que son propre intérêt». Je vous souhaite une nouvelle et belle lucidité dans la FOI.

POUR LE DIMANCHE DES VOCATIONS

Il est des mots qui sont des pièges et des repoussoirs. Celui de «vocation» en est un. Ceux qui sont sûrs d’être appelés trouvent le mot évident. Les autres, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils ne se sentent pas concernés.

En fait, le mot vocation, depuis le XVIIIe siècle, s’est rabougri et figé sur son acceptation très technique de vocation sacerdotale et religieuse. Quand un journaliste évoque tel ou tel personnage qui prend à cœur son métier ne parle-t-il pas de «véritable vocation»?

A l’inverse, en ouvrant la Bible, on voit que les vocations de femmes et d’hommes qui se sont mis à la disposition de Dieu sont bien plus larges que l’horizon sacerdotal.

Le mot est donc à remettre: 1) dans son contexte biblique comme exprimant un appel pour tout un chacun; 2) dans son contexte évangélique, avec l’invitation faite à tous de suivre Jésus-Christ. Il y a autant de vocations que de baptisés, mais il n’y a qu’une Mission: celle d’annoncer la Bonne Nouvelle du Ressuscité. Beau dimanche.

Thierry Fouet

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